Le Scoutisme

Histoire du scoutisme marin

Ces lignes ont été écrites en 1922 par le père Jacques Sévin, Co-Fondateur du Scoutisme Français, Breveté de Gilwell, Scoutmestre fondateur de Chamarande.

A tout seigneur, tout honneur!

Le père SevinLes scouts marins sont nés dès 1911. Baden Powell a demandé à son frère Warrington, officier de marine, de faire des scouts-marins non une oeuvre distincte mais une branche organisée du scoutisme ordinaire. En 1912, Warrington Baden Powell publie le manuel Seascouting and seamanship for boys. Les scouts-marins sont déjà plusieurs milliers à Londres et dans le Royaume-Uni. Au début de la première guerre mondiale, 27000 scouts-marins contribuèrent à la défense des côtes de la Grande Bretagne. Par son centre d’intérêt, son utilité, la formation physique et morale qu’il donne aux jeunes garçons le rendent supérieur au scoutisme ordinaire: « Je voudrais bien être scout-marin » soupirait un jour BP après une visite qu’il avait rendu à la 1ère marine Windermere.

C’est en temps de guerre que le scoutisme marin a donné la mesure de sa valeur.
Le 2 août 1914 troubla les scouts-marins occupés aux préparatifs d’un immense camp aux abords de l’île de Wight. En quelques heures, mobilisés volontaires, ils étaient envoyés à toutes les stations de gardes côtes de la Grande Bretagne. Du premier coup, ils rendaient possible l’embarquement immédiat de milliers de garde-côtes de métier. Des enfants de treize à dix-sept ans allaient remplir des fonctions d’homme. Comme à Mafeking, la garde du sol natal leur était confié. L’idée était audacieuse. Les premiers jours, le public s’en amusa. Certains même manifestèrent de l’hostilité. Pourtant les scouts se firent rapidement prendre au sérieux. On s’aperçut qu’en sacrifiant les salaires énormes qui leur étaient offerts dans les usines de munitions, ils donnaient avec leurs familles un exemple de patriotisme que beaucoup d’autres n’auraient jamais donné. On se rendit compte que patrouiller cinq kilomètres de côtes jour et nuit par tous les temps, surveiller les barques de pêche qui travaillaient aux heures interdites, vérifier les permis des équipages qui débarquaient au risque de se faire rudoyer par les marins vexés, signaler toute embarcation en vue, assister les navires en détresse, repérer les mines flottantes et guider les canots qui allaient les faire exploser n’étaient pas mince besogne, et que le seul amour du plein air et d’un campisme un peu plus pimenté n’y suffisait pas.

Ils y risquaient leur vie ces garçons là. Sans parler des bombardements où plusieurs furent tués, les scouts marins étaient admis comme cuisiniers ou comme signaleurs à bord des navires-hôpitaux ou des dragueurs de mine. Eux seuls assurèrent tout le service de signalisation à bord des navires de la fameuse escadre des « mannequins » qui était destinée à envoyer les éclaireurs ennemis sur de fausses pistes et à protéger ainsi les véritables escadres de combat. Or détail qui en dit long, le rôle de cette escadre était si dangereux que ses équipages ne comprenaient que des volontaires.

Lorsque coula le « Britannic« , il fallut un ordre formel du Commandant pour faire descendre les scouts dans les chaloupes. Leur calme, leur intrépidité devant la mort possible firent l’admiration des officiers. L’un des leurs était tué le 31 mai 1916 à la bataille du Jutland, dans des circonstances telles que la Victoria Cross, la plus haute distinction militaire britannique, était accordée à ce garçon de 16 ans: Jack Cornwell.

Un corps de garde-cotes fut créé dès 1914. Plus de 30 000 scouts marins y furent mobilisés durant les cinq années de la guerre et prirent leur part de ces interminables et fastidieuses veillées sur les côtes, qui devaient interdire aux sous-marins de venir déposer ou rechercher des espions.

En présence de ces faits, on comprend que les scouts-marins aient été invités à figurer à Londres dans le défilé de la victoire, que le Capitaine de vaisseau Basil Hall, qui en commanda des centaine durant la guerre, ait pu leur décerner cet éloge unique: « Je ne sais ce que nous aurions fait sans eux. » Que l’Amiral Cecil Thursby, ait affirmé que « leur habileté, leur débrouillardise, leur dévouement, sont bien plus éloquent témoignage de l’excellence de la formation matérielle et morale que donne le scoutisme-marin. Et en vérité, n’eût-il fondé que les scouts-marins, Lord Robert Baden-Powell aurait déjà bien mérité.« 

C’est en 1923, seulement, que les scouts marins apparaissent en France, dans le groupe Saint Louis à Paris. Un Commissaire marin fut nommé en la personne de Raymond Schlemmen, qui appartenait par ailleurs a la Croix Rouge Internationale. Partout où un plan d’eau est utilisable, des Unités de Scouts marins voient le jour: Brest, Quimper, Paris et la Région Parisienne, Le Creusot , Angers, le Mans…

La seconde guerre mondiale éclate. Pendant cette guerre, nos frères Scouts marins d’outre Manche avaient eu fort à faire. Lors de l’opération de Dunkerque, ils participèrent avec leurs petits batiments à l’évacuation des soldats anglais et francais sous les rafales des obus et des bombes des Stuka.
Les pertes furent importantes parmi les équipages.

 

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Pour comprendre un peu mieux le scoutisme marin chez les SUF, nous vous recommandons la lecture du Scoutisme Marin chez les SUF rédigé par la Passerelle (branche marine de l’Équipe Nationale SUF) : 

 

Scouts marins, parés !

Pour connaître l’intégralité de l’histoire du scoutisme marin, nous vous conseillons de lire le livre:

Scouts marins, parés ! Histoire des scouts marins
par Antoine CHATAIGNON, paru en avril 2010 aux éditions L’Harmattan et disponible ici.